Henri Weyrich

La photographie, la peinture et la musique se disputèrent longtemps la une des passions d’Henri Weyrich.
A l'aube des années 2000, il optait résolument pour la photographie, motivé par la vision des choses d'un œil curieux et différent.
Mais régulièrement, tel le ressac incessant de l’océan, la musique le submerge à nouveau de toutes ses mélodies, tous ses rythmes et accords improbables. Le temps de recharger son énergie visuelle qui, à la mesure suivante, rendra la priorité à l’envie d’exprimer par l’image ce qu’il ressent, inspiré des univers qu’il rencontre.
Dans sa démarche, l'adrénaline du processus d’observation prend souvent le pas sur la contemplation du cliché obtenu.
Sa recherche est une vision intime de la lumière et du contour, par la concentration, la disponibilité et la persévérance dans la scrutation; c'est un appel de l'émotion créative par un autre regard, posé, parfois isolant la forme de son contexte présumé.
La nature et ses atmosphères constituent le premier terrain de prédilection de son parcours.
Au prix de longues marches ou trajets audacieux, il atteint les endroits uniques, loin des tumultes, d’où se dévoilent de magiques tableaux qu’il saisit dans sa photo, partageant ensuite l’émotion perçue devant ces sites spectaculaires.
Du Guatémala au Ladakh, en passant par l’Afrique de l’Est et du Sud, tant d’explorations lui ont permis d’acquérir l’œil aiguisé qui détecte la pertinence du récit d’un moment d’exception.
Les lueurs prometteuses de l’aube annoncent leurs meilleures ambiances, là où il doit être déjà prêt. Tapis dans l’ombre à l’affût de la lumière naissante, il se poste aux endroits méticuleusement repérés et se tient paré à composer avec la nature.
Formes, couleurs et ambiances, se jouent dans leur habit familier ou sous des angles inattendus, créant quelques pièces volontairement abstraites.
En voyage, son regard s’enrichit des différences culturelles et coutumières qui inspirent son travail. Friand d’un autre registre, sur les propres terres d’un monde sauvage et parfois cruel, il sait attendre patiemment l’instant parfait pour figer l’action du prédateur qui va se nourrir, ou la fuite de la proie qui lutte pour son salut. Témoigner de ces secondes importantes de la vie était un rêve d’enfance qu’il a pu réaliser au terme de précises préparations.
Une singularité de l’œuvre réside dans le paradoxe de la calme horizontalité de son regard vers l’infini, où peu d’obstacles interrompent le flux de l’esprit, comme on le retrouve dans de multiples scènes qu’il signe sur d’apaisantes marines, avec les images vibrantes du combat vital de la faune sauvage ou de portraits candides sur le vif des hommes croisés sous de lointaines latitudes.